Guide — EDF Obligation d'Achat
Revente du surplus : le tarif s'est effondré, voici ce qui reste.
Pendant des années, « revendre son électricité à EDF » était l'argument massue des commerciaux. En 2026, le surplus est racheté environ 0,04 €/kWh — trois fois moins qu'avant 2025. Ce guide explique comment fonctionne l'obligation d'achat, ce qu'elle rapporte réellement, et pourquoi votre projet ne doit plus jamais reposer dessus.
Le mécanisme
Comment fonctionne l'obligation d'achat
L'obligation d'achat (OA) impose à EDF — via sa filiale EDF OA — de racheter l'électricité que votre installation injecte sur le réseau. Concrètement, vous signez un contrat d'une durée de 20 ans, au tarif en vigueur le trimestre de votre demande de raccordement. Ce tarif est ensuite figé pour toute la durée du contrat : ce qui compte, c'est la date à laquelle vous raccordez, pas celle à laquelle vous signez le devis.
Le principe est protecteur : vous connaissez votre tarif de rachat pour deux décennies. Le problème n'est pas le mécanisme, c'est le montant. Pour une installation en autoconsommation avec vente du surplus de 9 kWc ou moins, chaque kWh injecté vous rapporte environ 0,04 €. Le même kWh, consommé chez vous au lieu d'être acheté au fournisseur, vous en évite 0,20. Le rapport est de un à cinq.
Ce qui a changé
De 0,13 € à 0,04 € : l'effondrement en une révision
Jusqu'en 2025, le surplus des petites installations était racheté autour de 0,13 €/kWh. À ce niveau, la revente pesait réellement dans le calcul de rentabilité : un surplus de 3 000 kWh rapportait près de 400 € par an. L'arrêté de révision tarifaire a divisé ce tarif par trois, en une seule marche. Pas d'atterrissage en douceur, pas de période transitoire généreuse : les projets raccordés après la révision touchent environ 0,04 €/kWh, point.
Il faut être honnête sur ce que cela signifie : la revente du surplus n'est plus un pilier de rentabilité, c'est un bonus marginal. Un projet qui ne tient la route qu'avec les revenus de revente ne tient pas la route du tout. La rentabilité d'une installation résidentielle en 2026 repose sur un seul levier : la part de production que vous consommez vous-même. Tout le reste — y compris la prime à l'autoconsommation d'environ 80 €/kWc — n'est que de l'appoint.
Les ordres de grandeur
Ce que rapporte le surplus, en vrai
Prenons une installation de 4 kWc qui produit 4 800 kWh par an — un cas courant. Sans pilotage particulier, environ 60 % de la production part en surplus, faute d'être consommée au moment où elle est produite.
| Poste | Volume | Valeur | Gain annuel |
|---|---|---|---|
| Autoconsommation (40 %) | 1 920 kWh | 0,20 €/kWh évité | ≈ 380 € |
| Surplus vendu (60 %) | 2 880 kWh | 0,04 €/kWh racheté | ≈ 115 € |
Les 40 % autoconsommés rapportent trois fois plus que les 60 % revendus. C'est toute l'économie du solaire résidentiel en 2026, résumée en deux lignes. La conséquence pratique : mieux vaut une installation plus petite dont vous consommez l'essentiel qu'une grande toiture qui déverse sur le réseau à 0,04 €. Notre guide rentabilité détaille les temps de retour réalistes — 9 à 14 ans pour un projet bien dimensionné.
Votre cas précis
Combien votre toit produirait-il en surplus ?
Le simulateur estime votre production, votre part autoconsommée et ce que le surplus rapporterait réellement — hypothèses affichées, aucune coordonnée exigée.
Lancer le simulateurUne question réglée
Vente totale ou vente de surplus ?
Il existe deux formules d'obligation d'achat : la vente de surplus (vous consommez d'abord, vous vendez le reste) et la vente totale (100 % de la production part sur le réseau). Du temps des tarifs à 0,13 € et plus, la vente totale pouvait se défendre. En 2026, elle n'a plus aucun sens en résidentiel : céder à 0,04 € des kWh qui vous auraient évité d'en acheter à 0,20 €, c'est renoncer volontairement à 80 % de la valeur de votre production. Si un commercial vous propose encore un montage en vente totale sur une maison habitée, changez de commercial.
En pratique
Les démarches, dans l'ordre
Bonne nouvelle : vous n'avez presque rien à faire vous-même. Dans un projet classique, l'installateur pilote l'ensemble. Le parcours type : demande de raccordement auprès d'Enedis (comptez quelques semaines à quelques mois selon les zones), passage du Consuel qui atteste la conformité électrique de l'installation, puis signature du contrat EDF OA — généralement préparé par l'installateur, signé en ligne par vos soins.
Une fois le contrat actif, la facturation est annuelle : une fois par an, vous déclarez votre index d'injection sur le portail EDF OA, et vous éditez une facture que EDF vous règle. Quinze minutes par an, pour une centaine d'euros. C'est le bon ordre de grandeur de l'effort à consacrer au sujet — et une raison de plus de ne pas construire son projet autour.
Fiscalité
Et les impôts dans tout ça ?
Jusqu'à 3 kWc, les revenus de la revente sont purement et simplement exonérés d'impôt sur le revenu — rien à déclarer, rien à payer. Au-delà de 3 kWc, ils relèvent du régime micro-BIC : vous les déclarez, un abattement de 71 % s'applique, et vous êtes imposé sur le solde. Sur 115 € de revente annuelle, l'assiette imposable tombe à une trentaine d'euros. Autant dire que la fiscalité du surplus, en 2026, est un non-sujet : ni un frein, ni un argument.
Questions fréquentes
Revente du surplus en bref
Quel est le tarif de rachat du surplus en 2026 ?
Environ 0,04 €/kWh pour les installations résidentielles jusqu'à 9 kWc, figé pendant 20 ans au trimestre du raccordement. C'est trois fois moins qu'avant 2025 : la revente est devenue un complément marginal, pas un pilier de rentabilité.
La vente totale est-elle encore intéressante en résidentiel ?
Non. Vendre 100 % de sa production à 0,04 €/kWh quand chaque kWh autoconsommé en évite un facturé 0,20 € n'a plus aucun sens économique pour un particulier. La formule ne subsiste que sur les grandes toitures professionnelles.
Les revenus de la revente sont-ils imposables ?
Exonérés d'impôt sur le revenu jusqu'à 3 kWc. Au-delà, régime micro-BIC avec abattement de 71 %. Vu les montants — une centaine d'euros par an —, l'impact fiscal est anecdotique dans les deux cas.